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La planification des ressources humaines

La planification est la
première étape dans le processus dynamique d'acquisition des ressources
humaines nécessaires à l'entreprise. Malheureusement, elle demeure
encore embryonnaire dans de nombreux cas.
La planification est un processus qui facilite
l'obtention des ressources humaines selon les quantités et les
qualités nécessaires à la réalisation future des objectifs de
l'entreprise . Il s'agit d'analyser les différentes variables affectant
le niveau et la composition de la main-d'œuvre, et de voix leur
évolution et leurs répercussions afin être en mesure de répondre à la
demande de l'entreprise.
La plupart des entreprises peuvent se vanter de
planifier, du moins de façon informelle, leurs ressources humaines. Mais
l'entreprise évolue actuellement dans un monde nécessitant une
main-d'œuvre hautement qualifiée et souvent assez rare. De plus, autant
le marché de la main-d'œuvre que les besoins de l'entreprise évoluent à
un rythme effarant, et il n'y a plus de place pour l'improvisation.
Un processus organisé de façon
formelle permet de fournir à chacune des unités administratives de
l'organisation la main-d'œuvre professionnelle ou les cadres
nécessaires pour maintenir l'efficacité de l'entreprise. De plus, la
main-d'œuvre en place est mieux utilisée parce qu'on connaît davantage
ses qualifications ainsi que les besoins de l'entreprise. Les employés
ont alors plus d'occasions de trouver au travail la satisfaction
nécessaire au maintien d'un bon moral et ils peuvent satisfaire leurs
aspirations en progressant dans leur domaine de qualification pour
atteindre le degré de compétence auquel ils prétendent. Enfin, il ne
faut pas négliger l'impact qu'a de plus en plus, au niveau de l'embauche
et des promotions, la Charte des droits et libertés de la personne, en
ce qui concerne l'égalité des chances dans l'emploi.
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Le processus de planification

Le processus peut paraître très simple.
Théoriquement, il l'est. Mais dans la pratique, les données nécessaires
pour établir les besoins et l'inventaire des effectifs ne sont pas
facilement disponibles ou demeurent très spéculatives.
- La première étape du processus consiste à faire l'inventaire
des ressources disponibles actuellement dans l'entreprise, en
quantité et en qualité. Il faut recueillir les données suivantes
concernant la main-d'œuvre : la pyramide d'âge par groupe d'emploi, le
niveau de scolarité, la formation technique, l'expérience dans divers
emplois, la compétence et le potentiel (le tableau de
remplacement), ainsi que les aspirations. Ces renseignements sont par
ailleurs fort utiles pour décider des programmes de sélection, de
formation, de promotion et de mutation.
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Projeter ces données dans le temps à
des périodes
différentes (de 6 mois, 1 an, 2 ans, par exemple) représente la
seconde étape, Pour chaque catégorie d'emploi, il faut appliquer le
taux de roulement spécifique, e.-à-d. soustraire les départs
projetés pour retraite, décès, démission ou mutation et additionner
les arrivées provenant d'autres catégories d'emploi. On connaît
ainsi la disponibilité des effectifs pour chaque catégorie à un
moment spécifique.
- La troisième étape, c'est l'inventaire
des postes actuellement occupés, en indiquant les
spécifications. Cela signifie en fait : établir une analyse de
tâches polir chacun des emplois, décrire les activités, les outils
et l'équipement utilisés, le niveau de performance requis, les
conditions de travail et les conditions d'admissibilité exigées.
- La quatrième étape consiste à projeter la demande future de
main-d'œuvre en fonction des projections des
ventes, de la réorganisation administrative, de l'introduction
de nouvelle technologie (p. ex.: les systèmes de traitement de mots
dans les bureaux), de la diversification ou de l'expansion de
l'entreprise, des contraintes syndicales et de tout autre facteur
pertinent.
Les techniques les plus usuelles pour établir ces
projections sont classées en deux catégories' : les approches descendantes
comprennent l'estimation technique (Delphi), la
projection par extrapolation de séries chronologiques, et la «
modélisation » (modeling and multiple-predictive techniques); leur caractéristique principale est le fait qu'elles soient
préparées par la haute direction. L'approche ascendante repose sur une préparation au sein même de l'unité concernée; c'est
l'approche par jugement.
- L'étape finale consiste à concilier l'offre et la demande de
travail. Trois situations sont alors possibles.
La première, c'est
celle où il n'y a pas d'écart entre l'offre et la demande de
main-d'œuvre pour la période étudiée. Dans ce cas, il faut
poursuivre la planification des ressources humaines, car elle
porte ses fruits. Mais ce cas est plutôt rare. Un écart global nul
peut cacher des déficits et des surplus dans différentes unités; il
faut alors procéder aux mutations nécessaires.
La deuxième possibilité, c'est un déficit en main-d'œuvre,
qui peut être comblé si l' employés actuels acceptent de faire des heures
supplémentaires.; Si le déficit est plus sérieux (en nombre) ou encore
s'il couvre une période prolongée, l'entreprise rappeler des employés
mis à pied, procéder au recrutement de nouveaux employés cela implique souvent la mise sur pied d'un programme
de formation.
Troisième possibilité : un surplus de
main-d'œuvre. Cette situation est fort délicate, car de la façon
dont elle est traitée peut dépendre le moral des employés de toute
l'entreprise. Les solutions sont nombreuses. L'entreprise peut procéder
par attrition, c.-à-d. laisser le temps éroder le surplus; le taux de
roulement normal de l'entreprise éliminera les employés en surplus (si,
évidemment, l'entreprise cesse d'embaucher). On peut aussi garder tous
les employés, mais partager la tâche en diminuant le nombre d'heures de
travail par semaine. La mise à la retraite prématurée, les
rétrogradations si le surplus ne touche que certains emplois et enfin la
mise à pied pure et simple sont encore d'autres solutions.
Rappelons que de nombreux facteurs de l'environnement
affectent la liberté d'action du gestionnaire dans sa planification.
Certaines lois concernant les fermetures d'usine, ainsi que les
contraintes syndicales et les implications sociales de certaines
décisions, ne font qu'encourager l'entreprise à procéder plus
sérieusement à la planification de sa main-d'œuvre.
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